Le Maigre Feu de la Nonne en Hiver
Ce nom est une blague un peu
bête sur les contraires : Groleau = maigre feu, Lemoine = la nonne,
Lété = l’hiver.
Additionnez : le compte
est bon. Sauf que le tout excède la somme de ses parties. C’est comme les
expériences littéraires de l’OULIPO : à force de se fixer des règles
arbitraires, tout aussi bébêtes (j’écris un livre sans la lettre
« e »), on finit parfois par raconter l’essentiel. Autrement
dit : ces trois-là ont trouvé, en inversant leurs noms mis bout à bout, la
formule exacte de leur musique. Reprenons à rebours.
Même violente, même joyeuse,
cette musique nous arrive assourdie et constante comme une usine sous la
neige (l’hiver). Le batteur est musclé,
le bassiste poilu, le saxophoniste droit comme un torero à l’estocade : ce
qu’ils jouent est pourtant féminin, et chaste (la nonne). Il y a du free qui
brûle, des ballades qui réchauffent, de l’écriture au fer rouge : tout
cela, ils le savent, n’est qu’un bien « maigre feu », mais un feu
précieux pour nous tous, dans l’hiver de l’époque (elle résonne autour d’eux).
On voit des paysages : les Flandres en peinture, le métro aérien à New
York (la caméra suivrait la rame), la steppe d’un trente-deux décembre. C’est
aujourd’hui. C’est glacial. Ils font un peu de feu pour tenir, fanfare de
manifestants autour d’une palette en flammes, sur un boulevard bloqué qu’ils
enchantent. La circulation reprendra sans doute, et il n’y aura plus rien à
voir.
Le Maigre Feu de la Nonne en Hiver c'est...
- Olivier Lété : basse électrique
- Philippe Lemoine : Saxophone alto
- Eric Groleau : Batterie












